Les Lions dominent, les Bleus assurent l'essentiel

 

Le Sénégal s'incline (3-1) face au réalisme français, ce mardi, au MetLife Stadium du New Jersey, lors de la Coupe du monde.

Il aura fallu attendre la seconde période pour voir les Bleus prendre le dessus. Longtemps étouffés par un Sénégal propre dans son jeu, les hommes de Didier Deschamps finissent par plier les Lions de la Téranga grâce à une efficacité clinique en seconde mi-temps : 3-1. Un résultat que Pape Thiaw aurait pu éviter, au regard de la physionomie d'un match que le Sénégal a tenu longtemps entre ses mains.

Dès le coup d'envoi, les Lions affichent leurs intentions. Organisés, collectifs, portés par un bloc compact et des transitions rapides, ils prennent la France à la gorge. Tactiquement supérieurs pendant la première période, les hommes de Pape Thiaw empêchent les Bleus de construire, musèlent leurs circuits habituels et imposent leur rythme. La possession circule proprement, les décalages se créent avec intelligence. Les occasions se multiplient. Mais Nicolas Jackson et Ismaïla Sarr se montrent peu réalistes malgré toutes les opportunités offertes. Le public du MetLife Stadium a même droit à quelques lueurs offensives françaises qui font douter une défense sénégalaise peu rassurante. Édouard Mendy, dans sa cage, est à peine sollicité. « On est bien entrés dans le match, on fait une bonne première mi-temps. C'est dommage qu'on ne marque pas sur nos occasions. En seconde mi-temps, la différence se fait sur le peu d'occasions qu'ils ont, sur des pertes de balle de notre part. On a essayé de revenir et ils marquent le troisième but. Si on avait pu rester longtemps à 1-2, on aurait pu faire quelque chose. On a perdu le premier match, on va se remobiliser rapidement pour le deuxième », a regretté Kalidou Koulibaly, capitaine des Lions.

La pause change tout. Les Bleus reviennent avec d'autres intentions. La mécanique se remet en route, timidement d'abord. Désiré Doué ouvre le feu d'une frappe qui signale le réveil offensif français, sans que le sélectionneur sénégalais ne daigne modifier son dispositif. Puis Kylian Mbappé commence à trouver les espaces : une première tentative faillit coûter cher aux Lions, le portier sénégalais s'en sortant de justesse. Mais la pression monte. Le Sénégal perd pied. L'attaquant du Real Madrid se projette vers le but avec la rapidité qui le caractérise. Sadio Mané lui met la pression et le tacle. L'arbitre iranien Alireza Faghani, officiant sous pavillon australien, consulte le VAR avant d'écarter toute décision de penalty.

C'est à la 66e minute, sur une passe précise de Michaël Olise, que le capitaine français conclut avec le réalisme qu'on lui connaît. But de Mbappé. La France prend les commandes et ne les lâche plus.

Les Lions n'abdiquent pas pour autant. Portés par l'énergie de la diaspora dans les tribunes et par une âme de battant, ils répondent par quelques séquences d'intensité. Nicolas Jackson croit rattraper ses erreurs de la première période, mais son but est refusé pour hors-jeu. Ibrahima Mbaye, entré en jeu à la 75e minute, trouve finalement le chemin des filets dans le temps additionnel et ravive brièvement l'espoir. Les gradins s'électrisent. Mais le football de haut niveau est sans pitié : chaque relâchement se paye cash. À la 90e+6, Mbappé enfonce le clou d'une frappe imparable et fixe le score à 3-1. « On voulait commencer par une victoire. Toutes les équipes savent que la Coupe du monde, c'est unique. On a vu qu'aujourd'hui ce n'était pas un match évident, mais on sait qu'à tout moment on peut faire la différence », lance le capitaine français.

La France passe. Le Sénégal, lui, est dans l'obligation de battre la Norvège pour continuer. Au-delà du résultat, les Lions auront montré un visage séduisant, une organisation solide et une capacité réelle à tenir tête aux meilleures équipes mondiales. Mais dans un Mondial, les regrets ne pèsent rien. Seule l'efficacité compte. Mbappé et les siens, eux, avancent.


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