Que va-t-il devenir le journalisme dans dix ans ?
Depuis longtemps abordé dans un monde en perpétuelle mutation avec l'avènement de l'IA, la pollution du monde de l'information, les changements des modes de consommation des informations donnent à penser, en effet, que le journalisme va s’effacer dans l'avenir.
« Le réseau des réseaux a fortement modifié le contexte de diffusion (pour les chercheurs), les conditions d’exercice (pour les journalistes scientifiques) et les attentes (pour le public) de la médiatisation des connaissances scientifiques.» (Rouquette, 2010)
« Or, connaître davantage son histoire permet de donner du sens aux situations de crise et de réfléchir de manière plus pertinente aux stratégies pour le futur. » (De la Bonne Presse à Bayard : 150 ans d'histoire d'un groupe de presse et d'édition catholique 1873-2023)
Ainsi, on va procéder par une démonstration de la peur de l'homme envers la nouveauté des technologies à travers l'histoire surtout celle de la presse. Ce recours au passé nous permet d'appréhender le présent et le futur et les moyens pour relever les défis :
D'abord, l'arrivée de la machine avec la première révolution industrielle, les technosceptiques ont exprimé leur peur, consistant à dire que le remplacement de l'énergie humaine ou animale par l'énergie mécanique était perçu comme une véritable menace, car beaucoup se retrouveront au chômage. C'est pareil pour l’irruption de l'électricité.
Ensuite, l'avènement de la télévision dans la sphère journalistique, plus tard, certaines personnes avaient également signé la mort de la radio, qui est là pourtant jusqu'à présent. Par ailleurs, le son, la radio, constitue une partie intégrante de la télévision.
Ce rappel suffit pour témoigner évidemment la peur d'une nouvelle invention qui détrônerait la précédente et que tout ces faits ne sont pas fortuits.
Pour le journalisme—à collecter, à traiter et à diffuser d'informations —ses règles éthiques et déontologiques ne changeront pas, elles resteront les mêmes. Par contre, avec la révolution du monde numérique, la pollution du monde de l'information et les intelligences artificielles (IA), il sera obligé de se réinventer, sinon de disparaître.
C'est d'ailleurs le sens de la déclaration darwinienne qui par la sélection naturelle chez les espèces que l'on peut également appliquer dans ce contexte : ceux qui survivent dans la nature sont ceux qui s'adaptent le mieux.
Poursuivant cette idée, la manière de faire un reportage, une interview et les autres genres journalistiques restera intacte. Toutefois, les outils de travail peuvent se perfectionner ou changer avec l'avènement de l'IA.
Nous en voulons pour preuve lors du Carrefour d'actualité, mercredi 12 novembre au CESTI-DAKAR, dont le thème était "Les journalistes doivent ils avoir peur de l'intelligence artificielle ?", la journaliste et directrice de publication Bigué BOP, de L'Enquête, le quotidien, a affirmé avoir eu recours à l'IA, notamment ChatGPT, pour des corrections de grammaire et de syntaxe... On parle ici l'intelligence artificielle au service du journalisme. Même si Sidi Diop, journaliste au Soleil, le quotidien, estime, lors de ce même panel, que le travail du journaliste reste celui du journaliste, ce qui soulève des questions d'éthique et de déontologie concernant la signature d'un article fait par une IA.
La transcription a également été évoquée par l'un des panélistes, affirmant qu'auparavant, une interview de cinq heures était transcrite par une seule personne, sans IA ni logiciel, alors qu'à présent, cela se fait en un clin d'œil via certains logiciels. Cela implique aussi la réduction ou la suppression de certains postes dans certaines rédactions : la correction des articles.
Qu'en est-il des journaux en papier ?
De plus en plus, le monde devient numérique. Les amateurs de journaux en papier, eux continueront de s'en procurer de toutes façons. Et la vente est parfois facilitée par les réseaux sociaux. Ces derniers intensifient le processus de numérisation.
Le Soleil et certains de ses confrères s'investissent dans ce domaine, avec Soleil Digital...où même à travers les plateformes, les utilisateurs « users » peuvent commander directement leurs journaux en papier ou lire en ligne. Cette numérisation offre plusieurs possibilités : archiver, revoir les articles etc.
Un de nos professeurs au CESTI, nous voulons pas citer son nom pour ne pas le plonger dans l'embarras,
disait cette réinvention de la presse qui fait face à des défis financiers, aux nouveaux modes de consommation de l'information est lancé depuis. Les acteurs du journalisme ont déjà commencé à adapter le secteur à chaque contexte.
D'où la pensée de De Montherlant qui disait : « L'avenir est dans les volontés et non dans les prophéties. »
De manière générale, l'écriture journalistique, radiophonique... est statique dans ses règles éthiques et déontologiques
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