Cheikh Ahmad Rafahi s'érige en unificateur des cœurs face aux fractures de l'Ummah islamique.

​Dans un monde où la guerre semble s'inviter dans chaque foyer par le biais des écrans, une question brûlante hante nos débats : face à l’ennemi commun, pourquoi restons-nous si divisés ? Alors que le conflit israélo-iranien fragilise l'équilibre mondial, les échos de cette tension se font ressentir jusque dans nos rangs, ici au Sénégal, creusant un fossé inquiétant entre frères de foi.
​Le constat est triste, mais bien réel. Sur les réseaux sociaux, l’heure n’est plus au dialogue mais à l’anathème. Les étiquettes fleurissent : d’un côté les "Ahlu Sunnah", de l’autre les "Ahlu Bidah". Cette guerre des mots, portée par une frange sunnite-salafiste souvent plus prompte à condamner ses propres frères qu'à s'indigner du sort des opprimés, fragmente notre unité.
​Aujourd'hui, l'Iran est au cœur des débats. Parce qu'ils sont chiites, certains choisissent de leur tourner le dos, oubliant que la solidarité ne devrait pas s'arrêter aux nuances de la pratique.

​C’est dans ce climat de méfiance que la voix de Cheikh Ahmad Rafahi s’est élevée. Dans l'un de ses khutbas, discours ou prêches, l’Imam a choisi de briser les barrières du dogme pour parler au cœur de l'Ummah. Pour lui, le calcul est simple : les Iraniens sont musulmans, ils sont donc nos frères.
​Loin des réserves tactiques ou des jugements hâtifs, il a appelé les fidèles à la prière. Prier pour que nos frères iraniens triomphent de ceux qu'il désigne comme les "mécréants". C'est un appel à la dignité et à la reconnaissance de l'autre dans sa foi, par-delà les frontières géographiques et les divergences d'écoles.

​Cette posture de Cheikh Ahmad Rafahi n'est pas le fruit du hasard. Elle est l'écho vibrant d'un héritage spirituel profond. En prônant l'unité, il ne fait que marcher dans les pas de son illustre grand-père, Serigne Touba.
​Le Cheikh avait laissé un testament de paix dont nous devrions tous faire notre boussole aujourd'hui :
​« Ne prends pour ennemi aucun individu qui dit : "Il n’y a de dieu qu’Allah et Muhammad est Son envoyé." »
​À travers les paroles de Cheikh Ahmad Rafahi, c’est cette sagesse ancestrale qui nous est rappelée : si le socle de la foi est le même, la division est une erreur. En ces temps troublés, l’unificateur n’est pas celui qui cherche la petite bête chez son voisin, mais celui qui tend la main pour protéger la maison commune.

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